Corps de Valeurs

Loyauté, une vertu essentielle.

Je suis loyal. Cela signifie que j’accorde à mes engagements une place prépondérante. Lorsque je décide de participer à une action, de suivre une personne, de créer, je m’y emploie corps et âme. Sans ambages, je vais jusqu’au bout.

C’est pour moi essentiel car rien ne peut être construit avec des personnes qui changent d’avis et se désinvestissent au gré des événements.
Pour construire, on doit se projeter, on doit pouvoir compter sur les personnes avec lesquelles on a commencé l’œuvre.
 
De même, comment construire une équipe, une famille, une société si les membres qui la composent ne sont pas loyaux ? Si un membre se désiste, c’est tout le corps qui est déstabilisé.

La loyauté est donc une vertu incarnée, vécue et fondatrice.

Elle engendre immédiatement le sens du devoir ou plutôt l’impératif du devoir.  Parfois mes proches s’inquiètent de mon investissement total car respecter ses engagements prend du temps, nécessite une bonne part d’abnégation et un sens aigu du service.

Une personne qui respecte sa parole et n’abandonne pas surprend toujours dans notre société individualiste.

A titre d’exemple, lorsqu’en pleine campagne présidentielle, François Fillon est attaqué puis mis en examen, nous savions tous que la campagne était perdue. Un grand nombre d’entre-nous a déserté pour éviter d’être mêlés à la déroute ou pour rejoindre l’équipe d’Emmanuel Macron.

Dans mon cas, la question ne s’est même pas posée. Je suis allé jusqu’au bout avec lui. J’ai organisé le tour de France de l’Éducation et ai continué jusqu’à la défaite. Fuir ou changer de bord ne m’a même pas traversé l’esprit.

Aldrick Allal – 14 mai 2019

L'audace, force vitale.

Confortablement nourri de ses clichés, chaque Français garde en mémoire : « Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait ».

Je partage cette évidence avec Michel Audiard mais avec plus de « délicatesse » car je ne suis pas Lino Ventura. Je dirais que les audacieux passent souvent pour des cons car ils créent de l’instabilité et de l’incertitude.

A chaque fois qu’un individu exécute une action étonnante comme s’adresser à quelqu’un dans la rue ou prendre la parole lors d’une conférence, nous éprouvons une gêne. Nous ne sommes pas à l’aise car l’individu vient troubler l’ordre établi et le cours tranquille des choses.

L’audace participe d’un processus de création très clair. Rompre avec ce qui est attendu et écrire le futur autrement. L’audace est une caractéristique de mon processus vital ; pour exister je dois faire ce qui n’appartient pas encore au réel. La création est une audace scandaleuse ; l’homme ose rivaliser avec l’histoire naturelle ; il engendre l’inconnu.

L’audace est mon énergie, ma force vitale ; sans elle je ne peux rien bâtir, rien construire.

Les audacieux surprennent ; ils inspirent crainte et méfiance. Quel dommage ! car sans eux, la vie s’épuiserait à se renouveler sans éclat.

J’ai tant d’exemples à donner qu’en choisir un n’est pas chose aisée.

Lorsqu’à 25 ans, je décide avec 13000 francs en poche (2000 euros) de créer ma première école, trouvant des locaux que je ne pouvais pas me payer, assurant le secrétariat et le ménage comme les cours et distribuant moi-même des prospectus à la sortie des lycées, je crois qu’on peut parler d’audace.

Aldrick Allal – 17 mai 2019

 

Le courage, au cœur de l'action.

Le courage est un moteur. Faire preuve de courage, c’est succomber à l’irrésistible désir de dépassement. Je suis courageux car je sens que cette effrayante situation que j’imagine éprouvante à souhait va me nourrir. Je me repais de la peur qui devrait pourtant me paralyser. Être courageux c’est accepter l’inconnu et désirer le risque. Il y a toujours un moyen d’échapper à l’affrontement et de se soustraire à son destin.

Le courage ne s’invente pas, il se cultive ; le courage ne se décrète pas, il se prouve.

On imagine souvent le courage comme une vertu innée dont certains êtres seraient dotés a contrario d’autres plus faibles et moins bien lotis.

Il n’en est rien ; tout le monde peut être courageux. Le courage ne s’oppose pas à la peur ; l’homme courageux a peur et c’est justement ce qui fait de lui un homme courageux : il maîtrise sa peur privilégiant l’action, le mouvement à l’immobilité de la terreur.

Lorsque Jean Moulin structure les différents groupes de résistants français, il sait que le risque est grand ; lorsqu’il réunit les chefs de la résistance, il sait qu’à tout moment, la Gestapo peut surgir. Il a vu ses camardes tomber aux mains des Allemands, il n’est ignorant, ni des souffrances endurées lors d’une séance de torture, ni de l’issue fatale qu’il lui serait inexorablement réservée.

Jean Moulin agit ; il ne s’interroge pas. Jean Moulin sera torturé jusqu’à la mort sans donner un seul nom, lui qui les connaissait tous. Le courage jusqu’au dernier souffle.

Aldrick Allal – 24 mai 2019

L'humanisme

Quel beau projet que vouloir rendre l’homme « mieux » humain. L’humanisme, est une tentation.

Ébahi par les faiblesses de l’homme comme ébloui par sa grandeur, j’ai une belle et noble envie ; j’ai envie de faire encore mieux. Je me dis que l’homme est une énergie vivante qu’il faut diriger.

Éduqué, l’homme pense mieux ; développé, son corps agit mieux ; éclairée, sa morale est plus juste ; aimé, son cœur s’exprime mieux.

L’humanisme est un mouvement qui encourage la culture de l’homme. L’humanisme c’est apprendre et penser : Sapere aude ! Oser se servir de son entendement. Vivre sa vie d’humain qui raisonne tout en acceptant un corps animal.

Mais l’humanisme demande des efforts. Il faut travailler à être un homme meilleur. Il faut lire, il faut aller au théâtre, il faut s’imprégner de la pensée rationnelle. A cette fin, difficile d’échapper aux enseignements de nos anciens.

Or élèves et étudiants, comme nous-mêmes à leur âge, n’apprécient guère les enseignements « hors de leur monde » de notre vieille culture occidentale. Le décalage est vif.

Jeune, on veut essayer. Au désespoir des parents, l’action s’accompagne d’une insouciance inquiétante sinon dangereuse. La jeunesse peine à accepter les leçons d’un monde qu’elle considère vieux et sale.

Il n’est donc pas aisé de transformer l’humanisme en « programme ». De Rabelais à Staline, de nombreux programmes d’éducation ont été proposés et essayés. Rien n’y survit. Le monde se renouvelle et ignore autant les propositions intelligentes (Rabelais), que le carcan de la bêtise (Staline).

Comment faire si les jeunes « n’écoutent pas » ? Comment parler d’humanisme si les anciens ne sont pas respectés ? Comment valoriser la culture occidentale qui, malgré tout, incarne l’humanisme lorsqu’à 20 ans, on déplore le désordre du monde et la haine qui agite l’homme ?

Sapere aude ! Encore et toujours, il faut du courage et agir car il existe une voie exigeante et idéaliste, mais raisonnable.

Nous, les déjà anciens, les membres de la société vieille, soyons humanistes !

Recherchons l’harmonie, trouvons l’équilibre, aimons la culture, façonnons notre corps, montrons la voie, inspirons le monde d’un bel vivant humanisme. Quel que soit notre âge, apprenons, et cultivons-nous !

Nos enfants, par mimétisme nous rejoindrons. La jeunesse ne pourra faire autrement qu’être inspirée par notre humanisme.

Jeune, on apprend en copiant ses aînés. Jeune, on se nourrit directement de son environnement. Rien n’échappe aux moins de 20 ans ; même lorsque tout leur est refusé…

Le vrai projet humaniste consiste à faire de chaque femme et chaque homme un modèle de vertus. Pour ce faire, n’imposons aux autres que ce que nous sommes capables de faire.

La mission nous est dévolue : nous sommes les modèles ; inspirons nos enfants.

Aldrick Allal – 26 mai 2019

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